Les tumeurs cérébrales
Connaître
le cerveau
Le
système nerveux central
Le cerveau est
le siège de toutes les fonctions du corps et des émotions.
Il est contenu et protégé par la boîte crânienne
et constitué de deux parties appelées hémisphères.
Le cervelet, placé sous les hémisphères à
la base arrière du crâne, assure l’équilibre
Le tronc cérébral est la partie située au niveau
du cou. Il regroupe les fonctions vitales.
La moelle épinière, située à l’intérieur
de la colonne vertébrale, communique avec le tronc cérébral.
Elle est la base du départ des nerfs rachidiens.
L’ensemble
de ces parties constitue le Système Nerveux Central (SNC) par
opposition au système nerveux constitué par les nerfs(que
l'on appelle périphérique).
Le cerveau est
protégé par des membranes qu’on appelle les méninges.
Il est également protégé par du liquide qui circule
du cerveau à la moëlle épinière appelé
liquide céphalo-rachidien. Ce liquide est fabriqué par
des cavités appelées ventricules. Il y a 4 ventricules
à l’intérieur du cerveau.
Le tissu cérébral
est principalement constitué par les neurones et par les cellules
gliales (astrocytes et oligodentrocytes) qui assurent le soutien des
neurones.
La
typologie des tumeurs
Qu’est-ce
qu’une tumeur ?
Une tumeur est une masse qui résulte d’une division accrue
et incontrôlée, plus ou moins rapide de cellules. Dans
le cerveau, cette prolifération peut porter sur les cellules
de la glie (astrocytes, oligodendrocytes), sur les cellules qui constituent
les méninges. Ces tumeurs peuvent être bénignes
ou malignes ou encore d’agressivité intermédiaire.
Pourquoi
les tumeurs cérébrales se développent-elles ?
Les multiples recherches sur les facteurs environnementaux et héréditaires
ne permettent pas, actuellement, de définir clairement la relation
entre ces facteurs et le développement de la tumeur cérébrale,
sauf dans un petit nombre de cas (environ 5%).
Quels
sont les différents types de tumeurs ?
Les tumeurs cérébrales peuvent être primaires
ou secondaires.
Les tumeurs primaires ont leur origine dans le cerveau tandis que
les tumeurs secondaires sont des métastases provenant de tumeurs
développées sur d’autres organes du corps.
Les tumeurs cérébrales
primitives les plus fréquentes sont les gliomes, issus des
cellules gliales entourant les neurones.
Les gliomes sont répartis en plusieurs groupes selon le type
de cellules gliales :
* les Astrocytomes représentent le type le plus fréquent.
Ils se développent à partir de cellules appelées
astrocytes. Il existe plusieurs grades pour définir l’activité
des cellules tumorales. Ils vont de I à IV. Ce dernier est
appelé également Glioblastome.
* Les Ependymomes se développent à partir de cellules
qui tapissent les ventricules cérébraux, le plus souvent
le 4ème ventricule.
* Les Oligodendrogliomes se développent à partir de
cellules gliales appelées oligodendrocytes
* Les Gliomes mixtes contiennent plusieurs types de cellules gliales.
* Les Gliomes du tronc cérébral
* Les Gliomes du nerf optique
Les Tumeurs neuroectodermales primitives sont plus fréquentes
chez les enfants et les jeunes adultes. Elles ont pour origine des
cellules peu différenciées que l’on retrouve au
stade embryonnaire. Elles se nomment
* Médulloblastome
* Neuroblastome
* Pinéoblastome
Certaines tumeurs
se développent en dehors du cerveau mais à l’intérieur
de la boîte crânienne :
* Méningiomes à partir des méninges
* Schwannomes à partir de la gaine des nerfs
* Adénomes de l’hypophyse
* Chordomes
Les Tumeurs germinales
sont rares et surviennent plutôt chez les enfants et les jeunes
adultes. Les cellules qui composent ces tumeurs se retrouvent dans
les gonades, elles sont dites germinales.
La tumeur germinale la plus fréquente est le Germinome.
Les Tumeurs
de la région sellaire :
Il s’agit d’une petite région cérébrale
bien spécifique où il y a un important centre hormonal
: l’hypophyse qui peut être le site de tumeurs comme :
* l’Adénome hypophysaire
* le Craniopharyngiome
Les Tumeurs d’origine
hématopoïétique. Ces tumeurs proviennent des cellules
sanguines.
* le Lymphome cérébral primitif
Signes
et symptômes associés à la présence de
tumeurs cérébrales
Les manifestations
cliniques sont variables. Elles dépendent :
- de la localisation de la tumeur,
- du volume de la lésion,
- de l’hypertension intra-cranienne
- de l’hydrocéphalie ou de l’œdème
associé
ces manifestations sont souvent fluctuantes dans leur intensité,
influencées notamment par la fatigue.
Il peut s’agir
de :
- crises d’épilepsie, partielles ou généralisées
- vertiges, troubles de l’équilibre
- céphalées prédominant souvent le matin
- nausées matinales, vomissements
- diminution de la force ou troubles de la sensibilité d’un
coté du corps
- troubles de la mémoire, de l’attention, de l’orientation
- une apathie, une lenteur dans les gestes ou le raisonnement
- des troubles de la paroles (pour parler et/ou pour comprendre),
des troubles de l’écriture
- troubles auditifs, visuels
- troubles de l’humeur
- ….
Les
examens permettant de déceler une tumeur cérébrale
Que ce soit pour déceler une tumeur cérébrale,
pour définir une stratégie thérapeutique, pour
contrôler l’efficacité du traitement ou pour détecter
une éventuelle récidive, une série d’examens
peut être proposée.
Le
fond d’œil
Cet examen est pratiqué par un ophtalmologue. Il permet de
visualiser la rétine, les vaisseaux rétiniens et la
pupille au moyen de divers instruments comme l’ophtalmoscope
ou la lampe à fente. Il n’est pas douloureux et n’induit
aucune gêne.
La
ponction lombaire
Cet examen consiste à prélever à l’aide
d’une aiguille du liquide céphalo-rachidien dans le bas
de la colonne vertébrale. Ce liquide est analysé pour
rechercher les marqueurs tumoraux c'est-à-dire des signes qui
indiquent la présence de cellules anormales. Après la
ponction, il est demandé au patient de rester allongé
au repos pendant 2 heures. Le fait de prélever un peu de liquide
peut provoquer une légère dépression qui entraîne
des maux de tête qui vont rapidement disparaître.
L’électroencéphalogramme
C’est l’enregistrement ponctuel ou de longue durée
de l’activité électrique du cerveau grâce
à de petites électrodes placées sur le cuir chevelu
et reliées à un ordinateur. Cet examen permet d’apprécier
cette activité et révéler ainsi une anomalie
de fonctionnement du cerveau. Il est totalement indolore.
Le
scanner
Ce mot anglais se traduit en français par tomodensitométrie.
Il fonctionne avec des rayons X. Avant l’examen, le patient
reçoit le plus souvent une injection intraveineuse d’un
produit de contraste (iode). Ensuite, il s’allonge sur une couchette
qui glisse dans un anneau de faible épaisseur. A l’intérieur
de cet anneau, un détecteur tourne autour de lui et prend une
série de clichés, par tranches successives, de la partie
du corps à étudier. Les différentes images sont
assemblées par l’ordinateur pour réaliser des
plans de coupe. Cet examen dure 2 à 5 minutes, il est indolore
et le rayonnement X est faiblement dosé. Cette technique radiologique
permet de déceler les anomalies du cerveau qui ont une densité
différente de celle de régions saines car elles concentrent
le produit iodé administré.
L’IRM
L’Imagerie par Résonance Magnétique utilise un
aimant puissant qui tourne autour du patient, créant un champs
magnétique. Des ondes de radiofréquence sont envoyées
pour faire réagir dans le corps les noyaux des atomes d’hydrogène.
Le patient est allongé sur une couchette qui glisse à
l’intérieur d’un tunnel ventilé et éclairé.
Pendant l’examen le bruit de la machine peut être important
(le patient peut mettre des bouchons d’oreilles). Un autre produit
que l’iode (le gadolinium) est administré et se concentre
dans la tumeur. L’examen dure une demi-heure mais le patient
reste en permanence en contact avec le manipulateur grâce à
un interphone intégré dans le tunnel.
Les images anatomiques très fines obtenues sont assemblées
par ordinateur pour obtenir des plans de coupe et des vues en 3 dimensions.
L’IRM permet un meilleur contraste que le scanner et il est
privilégié pour l’examen du cerveau.
Le PetScan
Ou TEP, Tomographie par Emission de Positons
C’est un examen scintigraphique qui permet de voir les cellules
fonctionner. Le patient reçoit une injection d’un produit
semblable au glucose rendu faiblement radioactif. Les cellules cancéreuses,
qui consomment beaucoup plus de glucose que les autres, absorbent
le produit et deviennent ainsi radioactives. Cela les rend détectables
par une caméra spéciale.
Après l’injection, le patient doit éviter toute
activité musculaire. Il s’allonge sur une couchette qui
glisse dans un appareil avec un large anneau semblable au scanner.
L’examen dure une demi-heure, il est indolore et l’irradiation
est aussi faible que pour un scanner.
La
biopsie
C’est l’élément incontournable qui permet
de poser avec certitude le diagnostic si les premiers examens (scanner,
IRM,) ont révélé une tumeur suspecte. Elle est
pratiquée par un neurochirurgien qui effectue un petit prélèvement
de tissu. Ce prélèvement est examiné au microscope
par un médecin anatomopathologiste qui étudie l’architecture
du tissu et la nature des cellules qui le composent.
La biopsie peut être stéréotaxique ou directe.
(Voir La Chirurgie)
Quels
sont les traitements ?
Une équipe
pluridisciplinaire élabore la meilleure approche à adopter
afin de traiter une tumeur cérébrale. Chaque semaine
neurochirurgiens, neurooncologues, radiothérapeutes, anatomopathologistes
se rencontrent pour partager les données médicales,
radiologiques et histologiques des différents patients. Ils
élaborent ensemble un traitement spécifique à
chaque patient appelé protocole, en fonction :
- du type de tumeur
- de la taille et de sa localisation
- de l’agressivité de la tumeur
- de l’état physique et psychologique du patient
Le protocole du traitement est discuté avec le patient.
LA
CHIRURGIE
Elle est régulièrement utilisée dans le traitement
des tumeurs primaires. Elle peut être effectuée sous
anesthésie générale sauf lorsqu’elle est
pratiquée en condition stéréotaxique.
Elle peut avoir différents objectifs :
• à but diagnostic : elle vise à déterminer
le stade et le type de tumeur. Il s’agit d’une biopsie.
? Biopsie stéréotaxique : elle se fait sous anesthésie
locale
? Biopsie «à ciel ouvert» :
• à but thérapeutique :la chirurgie consiste à
enlever toute ou partie de la tumeur. On parle alors d’exérèse
totale ou partielle.
LA RADIOTHERAPIE
Elle est fréquemment utilisée dans le traitement des
tumeurs cérébrales. Elle consiste à diriger des
faisceaux de radiation directement sur la tumeur et son pourtour.
LA
CHIMIOTHERAPIE
Ce traitement consiste à administrer de puissants cytotoniques
selon des modalités très précises. Ils peuvent
être donnés sous forme de comprimés ou par injection
par voie intraveineuse.
Il est possible que le patient se voit proposer de participer à
une étude clinique ou à un protocole de traitement.
La recherche médicale a pour mission de faire progresser non
seulement la connaissance des maladies mais le nombre et la qualité
des traitements.
LES TRAITEMENT MEDICAMENTEUX
Certains médicaments sont régulièrement associés
aux traitements précédemment décrits. Les plus
communs sont les corticoïdes et les anticonvulsivants.